Refaire son site internet, c’est souvent une bonne décision. Mais une refonte mal préparée peut effacer en une nuit des années de positionnement sur Google. Le nouveau site est plus beau, plus rapide, mieux pensé — et pourtant le téléphone sonne moins. Voici les cinq points de vigilance qui font la différence.
On ne protège pas ce qu’on n’a pas identifié. Avant la moindre maquette, il faut établir la liste complète des pages du site actuel et savoir lesquelles travaillent réellement pour vous.
Le constat — Beaucoup de refontes démarrent par le design et découvrent après coup qu’une page discrète, jamais mise en avant, générait à elle seule la moitié des demandes de devis. Supprimée sans redirection, elle emporte son trafic avec elle.
En pratique
Ouvrez la Search Console, rubrique Performances, onglet Pages : vous obtenez la liste des adresses qui reçoivent des impressions et des clics, avec les requêtes associées. Exportez ce tableau, c’est votre document de référence pour toute la refonte. Notez également vos pages les plus visitées dans votre outil de statistiques, et repérez les articles ou pages vers lesquels d’autres sites font des liens.
L’adresse d’une page, c’est ce que Google a mémorisé, ce que vos clients ont enregistré dans leurs favoris, ce qui figure sur vos devis et vos cartes de visite. Changer un site ne veut pas dire changer ses adresses.
Le constat — Une adresse modifiée sans précaution renvoie une erreur 404. Le visiteur tombe sur une page introuvable et repart. Google, lui, retire progressivement l’ancienne adresse de son index et redémarre l’évaluation de la nouvelle à zéro — deux à huit semaines de flottement, avec une baisse de trafic pendant cette période.
En pratique
La règle la plus sûre est de conserver les adresses existantes, même si elles ne sont pas parfaites. Le gain d’un mot-clé ajouté dans une adresse est faible ; le risque de la modifier est réel. Réservez les adresses optimisées aux pages entièrement nouvelles, celles qui n’ont encore aucun historique à protéger.
Certaines modifications sont inévitables : deux pages fusionnées, une rubrique supprimée, une arborescence entièrement repensée. Dans ce cas, chaque ancienne adresse doit pointer vers son remplaçant.
Le constat — La redirection 301 indique un déplacement définitif. Elle emmène le visiteur vers la bonne page sans qu’il s’en aperçoive, et transfère à la nouvelle adresse l’essentiel de l’autorité accumulée par l’ancienne. Sans elle, cette autorité est simplement perdue.
En pratique
Construisez un tableau à deux colonnes : ancienne adresse, nouvelle adresse. Chaque page de votre inventaire doit y trouver sa correspondance, vers la page la plus proche par le sujet — jamais toutes vers la page d’accueil, une redirection sans rapport est traitée comme une erreur. Les redirections doivent être en place au moment même de la mise en ligne, pas quelques jours après. Sur WordPress, une extension comme Redirection suffit.
Une refonte réussie visuellement peut être une catastrophe éditoriale. En allégeant les pages pour les rendre plus élégantes, on supprime souvent le texte qui justifiait le positionnement.
Le constat — Google évalue une page sur son titre, sa structure de sous-titres, son contenu écrit et les liens qui pointent vers elle. Une page réduite à trois phrases et une belle photo n’a plus grand-chose à lui donner à lire, quelle que soit la qualité du design.
En pratique
Reprenez les textes existants plutôt que de les réécrire entièrement. Conservez un seul titre H1 par page, avec l’expression sur laquelle vous voulez être trouvée. Reportez les titres SEO et les descriptions déjà en place, elles ne se transfèrent pas automatiquement d’un thème à l’autre. Vérifiez les textes alternatifs de vos images et, si le site change d’hébergement, que le certificat de sécurité est bien actif.
Un site refait demande une surveillance rapprochée pendant un mois environ. C’est la période où les erreurs restantes se voient, et où elles se corrigent encore facilement.
Le constat — Une baisse de trafic est normale les premiers jours : Google doit reparcourir l’ensemble du site. Ce qui ne l’est pas, c’est une baisse qui s’installe au-delà de quelques semaines. Elle signale presque toujours une redirection oubliée ou une page devenue inaccessible.
En pratique
Dès la mise en ligne, envoyez le nouveau plan du site dans la Search Console et consultez le rapport d’indexation : il liste les pages en erreur. Testez à la main quelques anciennes adresses pour vérifier qu’elles redirigent bien. Vérifiez que le site n’est pas resté bloqué à l’indexation, une case cochée pendant les développements et jamais décochée ensuite. Contrôlez enfin le formulaire de contact et l’affichage sur téléphone, deux oublis fréquents.
En résumé — Une refonte réussie ne se juge pas le jour de la mise en ligne, mais deux mois plus tard, quand le trafic est revenu à son niveau et continue de progresser. Inventaire, adresses conservées, redirections en place, contenus repris, surveillance après la mise en ligne : cinq étapes qui demandent de la méthode plutôt que de la technique. C’est l’approche que je suis pour chaque
refonte de site internet, afin que le nouveau site parte de ce que l’ancien avait acquis.
Sur ce qui fait la qualité du site lui-même, voir six règles pour un site web au rendu impeccable.