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Certains cahiers des charges le précisent noir sur blanc : pas d’intelligence artificielle. D’autres clients ne se posent pas la question. Entre les deux, beaucoup aimeraient savoir ce que ça change vraiment pour leur site. J’utilise l’IA dans mon travail, et je le dis pour que cet article se lise en connaissance de cause. Voici ce qu’elle apporte, ce qu’elle ne remplace pas, et pourquoi la refuser est parfois le bon choix.
« Un site fait avec l’IA » ne veut pas dire grand-chose, parce que l’IA peut intervenir à des endroits très différents d’un projet, avec des conséquences qui n’ont rien de comparable.
Les images — générer des visuels d’illustration plutôt que d’utiliser des photographies ou des banques d’images.
Le code — écrire ou corriger du CSS, du JavaScript, des fonctions. Invisible pour le visiteur, mais très présent dans la pratique.
Le travail préparatoire — structurer une arborescence, préparer un plan d’article, relire, traduire, reformuler.
C’est la crainte la plus répandue, et elle repose sur une idée fausse. Google ne sanctionne pas un contenu parce qu’il a été généré par une IA.
La position du moteur est publique depuis février 2023 et n’a pas changé depuis : ce qui compte est la qualité du contenu, pas la façon dont il a été produit. Danny Sullivan, porte-parole de Google Search, l’a formulé sans détour — « il n’y a pas de pénalité pour le contenu IA », mais il y en a une pour le contenu inutile.
Ce qui est sanctionné, c’est donc la production en masse de textes qui n’apportent rien. Un article généré puis publié sans relecture ni apport personnel tombe dans cette catégorie — mais un article humain bâclé aussi.
Cette question de qualité éditoriale est distincte d’une autre, de nature réglementaire : depuis août 2026, une obligation légale encadre la signalisation des contenus générés par IA sur un site professionnel. Le détail se trouve dans l’article sur les mentions obligatoires d’un site internet.
Après quelques mois d’utilisation quotidienne, les forces et les faiblesses deviennent assez nettes.
Que le site soit confié à un prestataire ou construit soi-même, les mêmes raisons reviennent pour exclure l’IA de certaines parties du projet. Ce n’est pas de la méfiance mal placée, et ces raisons méritent d’être entendues plutôt que contournées.
La cohérence avec le métier. Un artisan d’art, un créateur, un photographe vend précisément ce que l’IA imite. Utiliser des images générées sur son propre site enverrait un signal contradictoire, qu’on l’ait fait faire ou qu’on l’ait fait soi-même.
La conviction personnelle. Certains ont un avis tranché sur la question — impact environnemental, rapport au travail des créateurs, usage des données d’entraînement. C’est un choix légitime, comme celui de privilégier un fournisseur local.
La relation client. Un thérapeute, un coach, un accompagnant vendent une présence humaine. Un texte qui sonne générique abîme cette promesse avant même le premier rendez-vous, quel que soit celui qui l’a écrit.
La prudence juridique. Sur les images générées, les questions de droits restent mouvantes selon les outils et les conditions d’utilisation. Certains préfèrent ne pas s’exposer, pour leur propre site comme pour celui d’un client.
Que vous fassiez appel à un prestataire ou que vous construisiez votre site vous-même, la question se pose, sous une forme différente selon le cas.
Avec un prestataire, elle se traite au moment du devis : les textes seront-ils rédigés, générés, ou générés puis retravaillés ? Les images seront-elles des photographies, des images de banque ou des visuels générés ? Qui vérifie les informations chiffrées avant publication ? Un prestataire qui explique clairement où il utilise l’IA et où il ne l’utilise pas laisse le choix à son client. Celui qui élude la question le prive de ce choix.
En le faisant soi-même, rien n’empêche de décider au fil du projet — une infographie qu’on n’avait pas anticipée, une image qui manque pour illustrer une page. La question se pose alors contenu par contenu, plutôt qu’une fois pour toutes au départ : est-ce que celui-ci, je le fais moi-même, ou est-ce que je laisse une IA m’aider dessus ?
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