L’EcoIndex d’un site internet : comment l’améliorer

Écran d'ordinateur posé sur un bureau en bois affichant la page d'accueil d'un site vitrine, avec une étiquette de notation environnementale allant de A à G posée à côté.

L’EcoIndex attribue une note de A à G à une page web selon son impact environnemental. La mesure est gratuite, elle prend quelques secondes, et le résultat en dit long sur la façon dont un site a été construit. Reste à comprendre ce qui entre dans le calcul, et ce qui n’y entre pas.

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Ce que mesure réellement l’EcoIndexTrois valeurs, et rien d’autre

L’EcoIndex a été mis au point fin 2014 par Frédéric Bordage et lancé par le collectif GreenIT.fr. Son objectif : rendre la mesure d’impact environnemental accessible à des personnes qui ne sont ni développeurs ni experts en sobriété numérique.

Le calcul repose sur trois valeurs relevées sur une page, et sur elles seules.

Les trois critères
La complexité du DOM. Le DOM correspond à la structure complète de la page telle que le navigateur la construit : chaque titre, chaque image, chaque conteneur, chaque bouton compte pour un élément. C’est le critère le plus lourdement pondéré, avec un coefficient de 3, parce qu’il représente l’impact sur les terminaux — ordinateurs, tablettes et téléphones — qui constituent la part la plus importante de l’empreinte du numérique.

Le nombre de requêtes HTTP. Chaque fichier appelé pour afficher la page déclenche une requête : une police, une feuille de style, un script, une image, une icône. Ce critère représente la sollicitation des serveurs, avec un coefficient de 2.

Le poids des données transférées. Le volume total d’octets envoyés au navigateur, en kilo-octets. Il représente la part réseau, avec un coefficient de 1.
Le constat — Ce qui pèse le plus dans la note, c’est la complexité de la page, c’est-à-dire le nombre d’éléments que le navigateur doit assembler pour l’afficher. Un site chargé de sections, de colonnes imbriquées et d’animations peut obtenir une note médiocre alors même que ses images ont été correctement compressées.
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Comment lire la note obtenueUne lettre, un score, deux estimations

Le résultat se présente sous deux formes complémentaires : un score sur 100 et une lettre de A à G, sur le modèle des étiquettes énergétiques. A correspond à une page très sobre, G à une page très lourde. Plus le score se rapproche de 100, plus l’impact est faible.

À cette note s’ajoutent deux estimations exprimées par visite : une quantité de gaz à effet de serre et une consommation d’eau. Ces valeurs reposent sur des hypothèses de mix électrique et sur des données de l’ADEME. Elles servent d’ordre de grandeur, pas de mesure comptable.

Le constat — Une note ne vaut que pour la page analysée. La page d’accueil, une page de service et un article de blog n’obtiennent presque jamais le même résultat, parce qu’ils ne mobilisent pas les mêmes contenus. Analyser uniquement l’accueil donne une image partielle.
En pratique
Testez au minimum trois pages représentatives : l’accueil, une page de prestation et une page de contact. L’écart entre les trois indique où se situe le vrai problème. Notez les valeurs de départ avant toute modification, sinon aucune comparaison n’est possible ensuite.
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Tester son siteLes deux méthodes et leurs limites

La première passe par le site ecoindex.fr : une adresse de page est saisie dans le formulaire, l’analyse se lance, le résultat s’affiche avec la note, les trois valeurs mesurées et une liste de recommandations. Le nombre d’analyses est limité à une dizaine d’URL par jour pour un même nom de domaine, ce qui suffit largement pour un site vitrine.

La seconde passe par l’extension de navigateur, disponible sur Chrome et Firefox. Elle mesure la page ouverte à l’écran, ce qui présente deux avantages : elle fonctionne sur un site encore en développement ou protégé par un mot de passe, et elle permet d’enchaîner les mesures sans limite quotidienne.

Le constat — Les extensions de blocage publicitaire et les outils installés dans le navigateur modifient le contenu chargé, et faussent donc le résultat. Une mesure fiable se fait dans une fenêtre de navigation privée, sans autre extension active que celle qui mesure.
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Ce qui alourdit un site vitrineLes causes qui reviennent le plus souvent

Sur les sites que je rencontre le plus souvent, les mêmes causes reviennent.

Les cinq causes principales
Les constructeurs de pages. Ils génèrent des conteneurs imbriqués pour permettre la mise en page visuelle. Une section qui paraît simple à l’écran peut mobiliser plusieurs niveaux de balises superposées. Le DOM gonfle sans que le contenu visible augmente.

L’accumulation d’extensions. Chaque extension active charge ses propres feuilles de style et ses propres scripts, souvent sur toutes les pages du site. Une extension de formulaire installée pour la seule page de contact charge fréquemment ses fichiers partout.

Les polices de caractères. Charger une famille complète en cinq graisses alors que deux sont utilisées ajoute autant de requêtes et de kilo-octets inutiles.

Les carrousels et les vidéos d’arrière-plan. Un carrousel charge toutes ses diapositives, y compris celles que personne ne fera défiler. Une vidéo en fond d’écran d’accueil pèse à elle seule plus lourd que l’ensemble du reste de la page.

Les scripts externes. Cartes interactives, fils de réseaux sociaux, outils de mesure d’audience, modules de réservation : chacun ajoute des requêtes vers des serveurs tiers.
Le constat — Les gains les plus rapides viennent de la conversion des images au format WebP, de la désactivation des extensions qui ne servent plus, de la limitation des graisses de police chargées, et du remplacement d’un carrousel d’accueil par une image unique. Aucune de ces actions ne touche au contenu ni à la mise en page.
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Les limites de l’indicateurUn pré-audit, pas un bilan environnemental

Ses concepteurs l’annoncent eux-mêmes : l’EcoIndex donne un ordre de grandeur, pas une mesure d’impact complète.

Il analyse une page isolée, pas un parcours complet. Un site dont chaque page obtient un A mais qui impose six étapes pour accéder à une information reste coûteux à consulter. Il ne mesure pas non plus l’hébergement : deux sites identiques hébergés sur des infrastructures très différentes obtiennent la même note.

Le constat — D’autres outils existent, avec d’autres angles : le Website Carbon Calculator estime les émissions par visite à partir du poids et du type d’hébergeur, et les outils de performance comme Lighthouse mesurent le confort de consultation. Ils se complètent plus qu’ils ne se remplacent.
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Ce que dit la réglementationQui est concerné, qui ne l’est pas

Le cadre français existe. La loi du 15 novembre 2021 visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique, dite loi REEN, a confié à l’Arcep et à l’Arcom la définition d’un référentiel d’écoconception. Sa version 2 a été publiée en mai 2024 sous le nom de RGESN, avec 78 critères couvrant l’ensemble du cycle de vie d’un service numérique.

Ce référentiel s’impose aux services numériques de l’État, aux opérateurs publics et aux collectivités de plus de 50 000 habitants. Pour une entreprise privée, et à plus forte raison pour une micro-entreprise ou une TPE, son application reste volontaire.

Le constat — Aucune obligation ne pèse donc sur une petite entreprise qui possède un site vitrine. L’intérêt de la démarche est ailleurs : un site sobre se charge plus vite, notamment sur les connexions mobiles de qualité moyenne, et le temps de chargement fait partie des signaux pris en compte par les moteurs de recherche.

Un dernier cas mérite d’être signalé : les entreprises qui répondent à des marchés publics ou qui travaillent comme sous-traitants de grands donneurs d’ordre voient de plus en plus souvent apparaître des critères environnementaux dans les dossiers de consultation. Une note EcoIndex documentée devient alors un élément de réponse, au même titre qu’une attestation d’assurance.

En résumé — L’EcoIndex mesure trois choses : la complexité de la page, le nombre de requêtes et le poids transféré. La complexité pèse trois fois plus que le poids, ce qui déplace le sujet de la compression d’images vers la façon dont le site a été construit. Mesurer prend quelques minutes et ne coûte rien. Corriger demande d’identifier ce qui charge inutilement, et de distinguer ce qui sert vraiment à l’activité de ce qui traîne depuis une installation oubliée.
Meryline, Assistante numérique et administrative – Fondatrice d’Admin’Up
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